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Démystifier la résilience : miser sur la recherche pour mieux prendre soin de nos paramédics

En tant que plus important fournisseur contractuel de services médicaux d’urgence au Canada, nous savons que pour créer des collectivités saines, il faut d’abord veiller au bien-être mental du personnel de la sécurité publique, y compris nos propres employés et employées. 

Ce sont ces hommes et ces femmes qui viennent à notre secours dans nos pires moments. Par sa nature, leur travail est chargé émotionnellement et s’effectue parfois aux dépens de leur santé mentale. C’est pourquoi le stress post-traumatique (SPT) est l’un des trois principaux domaines d’intérêt qui sous-tendent le travail de la Fondation Medavie.

Comprendre le traumatisme

Le taux de blessures de stress post-traumatique est disproportionnellement élevé chez le personnel de première intervention. À la lumière de ces données, les scientifiques d’un institut de recherche de renommée mondiale en neurosciences cognitives se sont donné la mission de comprendre pourquoi certaines personnes arrivent à surmonter leurs traumatismes, tandis que d’autres continuent de souffrir longtemps après l’événement déclencheur. 

Basée à l’Institut de recherche Rotman à Toronto, qui fait partie du vaste réseau de recherche de la Baycrest Academy for Research and Education, l’équipe du Dr Brian Levine se lance dans une ambitieuse étude de cinq ans qui permettra d’observer des étudiants et étudiantes en soins paramédicaux dès le tout début de leur carrière. 

« Notre objectif est de nous attaquer au problème avant son apparition plutôt que de le traiter une fois qu’il est présent, explique le Dr Levine, scientifique principal à l’Institut de recherche Rotman, professeur en psychologie à l’Université de Toronto et responsable du projet de recherche. Nous voulons comprendre pourquoi certaines personnes sont capables de se remettre de leurs traumatismes et pourquoi d’autres sont plus susceptibles de souffrir de problèmes comme le trouble de stress post-traumatique (TSPT). »

Au moyen de sondages, de l’imagerie cérébrale et de la technologie de suivi oculaire, l’étude explorera les façons dont la mémoire, la cognition et le traitement émotionnel interagissent lorsqu’une personne est exposée à un événement traumatisant. Les études précédentes se sont principalement penchées sur les personnes ayant déjà obtenu un diagnostic de TSPT, mais le Dr Levine estime qu’il est important de commencer l’observation plus tôt. 

« Les étudiants en soins paramédicaux sont un groupe d’étude idéal, car nous pouvons évaluer leur état mental, leurs stratégies d’adaptation, leurs systèmes de soutien social et leurs mécanismes de mémoire avant qu’ils ne soient exposés à des traumatismes au travail, note le chercheur. En les suivant au fil du temps, nous pouvons repérer des tendances qui pourraient nous aider à prédire qui risque le plus de souffrir de troubles psychologiques à long terme. » 

L’étude vise à recruter 400 étudiants en soins paramédicaux, dont un grand nombre de personnes inscrites au programme de Medavie ÉduSanté. Les participants et participantes répondront périodiquement à des questionnaires d’autoévaluation au cours des cinq prochaines années. L’équipe invitera également jusqu’à 50 travailleurs paramédicaux actifs à prendre part au volet d’imagerie cérébrale dans les laboratoires de Baycrest pour étoffer la recherche. 

 

Quand le soutien précoce mène à des progrès concrets 

Grâce au soutien précoce de la Fondation Medavie, le projet commence déjà à attirer l’attention. Ce partenariat a permis au laboratoire du Dr Levine d’obtenir un financement de démarrage pour recueillir des données préliminaires et créer des outils mettant en valeur le potentiel du projet. 

« La Fondation Medavie a rapidement accepté de nous soutenir lorsqu’elle a pris connaissance de notre projet de recherche. Son appui nous a permis de tout mettre en branle, souligne le Dr Levine. Nous avons pu embaucher un adjoint de recherche, créer un site Web et recueillir suffisamment de données pour obtenir du financement supplémentaire. En nous aidant à mieux communiquer les raisons et les objectifs de notre étude, ce financement initial a créé un effet d’entraînement. »

Pour la Fondation Medavie, la santé des collectivités dépend de la résilience des personnes qui les servent et les protègent. Cette étude s’inscrit donc parfaitement dans sa mission d’améliorer le bien-être de la population canadienne. 

« C’est important pour moi et mon équipe que la fondation investisse dans des études qui nous aident à mieux comprendre les traumatismes et la résilience, déclare Kim Snell, travailleuse paramédicale et commandante des Programmes de santé mobiles intégrés à Elgin, en Ontario. Non seulement ce travail est bénéfique pour nos équipes de première intervention, mais il contribuera aussi à l’amélioration des soins en santé mentale pour tout le monde. » 

 

Une approche des soins personnalisée

Au-delà de l’intervention précoce, le travail du Dr Levine pourrait transformer le traitement du stress post-traumatique. Même les thérapies les plus efficaces ne peuvent pas entièrement tenir compte de la façon particulière dont chaque personne traite ses souvenirs d’un événement traumatisant. Des recherches antérieures ont démontré que la mémoire ne fonctionne pas de la même manière pour tout le monde. Certaines personnes se souviennent parfaitement des événements et des moindres détails visuels, tandis que d’autres en conservent un souvenir plus généralisé et factuel. 

« La compréhension des différentes façons de se forger des souvenirs pourrait grandement nous aider à adapter la thérapie, précise le Dr Levine. Si nous savons que quelqu’un a une meilleure mémoire visuelle, par exemple, nous pourrions adapter les méthodes thérapeutiques à son expérience personnelle du traumatisme. » 

L’étude mènera également à une meilleure compréhension de la santé mentale. « La mémoire joue aussi un rôle dans beaucoup d’autres troubles, comme la dépression, l’anxiété sociale et les troubles paniques, ajoute le scientifique. En approfondissant nos connaissances sur le fonctionnement de la mémoire dans le contexte d’un traumatisme, nous pourrions faire des découvertes qui amélioreraient les soins pour l’ensemble du spectre de la santé mentale. » 

La Dre Krista Mitchnick, boursière postdoctorale à l’Institut de recherche Rotman, travaille aussi sur le projet et partage cet enthousiasme quant à son potentiel. « C’est stimulant de savoir que ce qu’on apprendra ici pourrait non seulement aider les travailleurs paramédicaux, mais pourrait aussi améliorer le soutien offert à toute personne souffrant des conséquences d’un traumatisme », songe-t-elle. 

 

Investir dans un savoir durable

Pour le Dr Levine, ce genre de recherche médicale représente également un investissement dans l’avenir des soins de santé. Mentor dévoué, il est fier des étudiants et étudiantes qui ont travaillé dans son laboratoire. Plusieurs d’entre eux ont ensuite apporté leurs propres contributions à la recherche clinique, en participant à des études portant notamment sur les lésions cérébrales traumatiques et la violence conjugale. 

« Mon travail consiste d’une part à faire progresser la recherche, observe le Dr Levine, et d’autre part à former la prochaine génération de scientifiques et de cliniciens et cliniciennes. C’est ainsi que nous veillons à ce que ces découvertes continuent d’évoluer et d’être bénéfiques pour les gens durant de nombreuses années. » 

Alors que les équipes de première intervention continuent de répondre à l’appel avec bravoure, les études comme celle du Dr Levine nous inspirent en laissant entrevoir un avenir prometteur axé sur la prévention, les soins personnalisés et une compréhension approfondie de l’esprit humain. 

« Ce n’est que le début, affirme le Dr Levine. Mais chaque pas franchi nous rapproche d’un avenir dans lequel nous serons mieux outillés pour aider ceux et celles qui nous portent secours quand nous en avons le plus besoin. »

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