Dans les rues de Montréal et entre les murs de son centre de jour animé, Dans la rue crée des espaces sûrs où les jeunes personnes se sentent reconnues, respectées et soutenues. Que ce soit en servant des hot-dogs bien chauds à l’intérieur de sa légendaire roulotte ou en ayant des conversations attentives avec la clientèle de son centre de jour, l’équipe de Dans la rue s’efforce de gagner la confiance de jeunes qui font face à certains des défis les plus difficiles de leur vie et de les aider à cultiver leur sentiment d’appartenance.
« Chaque jeune que nous rencontrons a son vécu, déclare Evelyne Côté, psychologue à Dans la rue. Une grande partie de notre clientèle a subi des traumatismes, des ruptures familiales, l’itinérance, la discrimination et des événements de vie difficiles. Ce que ces jeunes cherchent avant tout, c’est un milieu qui les reconnaît et les valorise. »
Une approche différente de l’accompagnement
Pour une grande partie des jeunes qui fréquentent l’organisme, les systèmes et les services traditionnels sont hors de portée. Les règles et les exigences strictes à suivre, les longs délais d’attente et des environnements qui ne répondent pas à leurs besoins et ne reflètent pas leur réalité sont autant d’obstacles qui les empêchent de demander de l’aide. C’est pourquoi Dans la rue s’efforce de faire tomber ces barrières en offrant des soins communautaires flexibles et bienveillants.
L’organisme offre une vaste gamme de ressources. Il rend notamment disponibles un abri d’urgence et des articles essentiels comme des vêtements et des repas préparés, des interventions en soutien psychosocial, des programmes de réinsertion sociale, des cours de niveau secondaire, un fonds d’études pour aider les jeunes qui souhaitent continuer leur scolarité ainsi que des ateliers de musique et d’arts pour favoriser la création de liens et la créativité.
« À Dans la rue, chaque programme est pensé de façon à respecter la dignité des jeunes et s’articule autour de la stabilité et de l’accessibilité », explique Evelyne Côté.
Collaborer pour renforcer le soutien
Associée à Dans la rue depuis 2017, la Fondation Medavie a versé le financement nécessaire pour recruter, former et maintenir en poste à temps plein deux spécialistes en santé mentale. Une psychologue offre des séances sur demande et les jeunes ont aussi accès à des consultations et à du soutien à court terme auprès d’une professionnelle en santé mentale. Ces deux personnes épaulent également les équipes d’intervention de Dans la rue en fournissant des consultations ou des conseils cliniques.
Cette collaboration a aidé l’équipe de Dans la rue à mieux réagir aux situations complexes et lui a permis d’augmenter le nombre d’interventions cliniques de l’ordre de 30 % en 2024 seulement.
« Ma visite à Dans la rue m’a rappelé l’importance d’un environnement sécuritaire et bienveillant qui offre aux jeunes personnes une communauté où elles se sentent acceptées et encouragées, raconte Olivier Pagé, directeur des opérations, Gestion des régimes collectifs d’invalidité à Croix Bleue Medavie. C’est dans des espaces comme celui-ci que la confiance, l’ambition et les liens sociaux peuvent être rétablis. »
Bâtir la confiance
Cette philosophie oriente chaque interaction qui se déroule à Dans la rue. Le personnel prend le temps de gagner la confiance des jeunes, en sachant que les relations sont souvent fondées sur de petits gestes. Un repas en bonne compagnie, une oreille attentive ou même une présence constante sont des petites attentions qui, au fil du temps, aident les jeunes à se retrouver et à renouer avec les autres.
« Les liens sociaux sont véritablement au cœur de la démarche, dit Paola Porcelli, professionnelle de la santé mentale à Dans la rue. Notre priorité est de rappeler à notre clientèle qu’elle a sa place, car ce sentiment d’appartenance peut tout changer. »
L’approche de l’organisme est délibérément flexible, c’est-à-dire que les jeunes peuvent se présenter sans rendez-vous, entrer en communication au moment qui leur convient et revenir aussi souvent que nécessaire. Le soutien en santé mentale est également intégré naturellement à la vie du centre de jour grâce aux intervenants et intervenantes qui interagissent de manière informelle avec la clientèle sur place afin de bâtir une relation de confiance et de suivre l’évolution des jeunes dans un contexte social plutôt que clinique. Cette ouverture permet aux personnes qui se sont éloignées des services d’aide traditionnels d’accéder progressivement à du soutien, au moment et de la manière dont elles en ont besoin.
Au sein du personnel, la collaboration est omniprésente. « C’est comme une ruche, explique Paola Porcelli. Ça bourdonne constamment et tout le monde se soutient, particulièrement en période de crise. C’est la solidarité qui rend notre travail possible. »
À Dans la rue, le succès ne se mesure pas que par les statistiques. Chaque visage connu qui revient et chaque petit progrès est une raison de célébrer. « Quand une personne repasse nous voir, ça veut dire qu’elle nous fait assez confiance pour continuer », ajoute Paola Porcelli.
Favoriser le retour à la vie en collectivité
Ensemble, Dans la rue et ses partenaires comme la Fondation Medavie construisent un réseau de soins qui aide les jeunes à guérir, à grandir et à renouer avec les autres. En combinant leur expertise, leurs ressources et leur engagement commun envers la dignité, ils aident ces jeunes à reprendre leur place dans la collectivité.