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Medavie

Fondation Medavie

Nourrir ses racines : revitaliser la culture et le sentiment d’appartenance grâce à l’alimentation

Tkà:nios

Située aux abords de Montréal, Kahnawà:ke abrite une communauté qui se souvient d’une puissante source de connexion : la terre. Fondé en 2021, le projet Tkà:nios (en anglais seulement) est une initiative locale qui permet au peuple de renouer avec son identité culturelle, son mieux‑être communautaire et sa résilience collective grâce à l’alimentation.

« Tout ce qui définit notre identité en tant que Kanien’keha:ka est enraciné dans la nourriture, déclare Brooke Rice, l’une des fondatrices du projet. Les systèmes coloniaux ont rompu notre relation avec la terre, ce qui s’est répercuté sur notre santé physique, émotionnelle et spirituelle. Le projet Tkà:nios cherche à offrir aux gens un espace pour renouer avec la terre et leur communauté et se souvenir de leurs racines pour se les réapproprier. » 

L’alimentation au cœur de la culture, de l’identité et de la guérison

Le projet Tkà:nios est né de conversations pendant la pandémie de COVID-19, lorsque les inquiétudes de la communauté face aux pénuries alimentaires ont soulevé des questions sur l’autosuffisance. Guidé par les personnes aînées, les gardiens et gardiennes de semences et les femmes-médecines, Tkà:nios s’est donné pour mission de renforcer les pratiques alimentaires de Kahnawà:ke et de restaurer le savoir qui a nourri sa communauté pendant des générations.

Aujourd’hui, le projet Tkà:nios élargit sa vision pour devenir un centre alimentaire communautaire où coexistent l’agriculture, l’éducation, les cérémonies et les enseignements culturels. Les plans du centre comprennent un jardin médicinal, un entrepôt de semences, des espaces de transformation des aliments et des lieux de rassemblement pour les ateliers et cérémonies.

« Il ne s’agit pas seulement de cultiver des aliments, explique Brooke Rice, il s’agit de cultiver l’appartenance, les souvenirs et la guérison. »

Cette vision s’inscrit dans le plan de mieux-être communautaire de Kahnawà:ke, qui reconnaît la gérance de l’environnement, la terre et la souveraineté alimentaire comme des composantes essentielles de la santé des Autochtones. En renforçant la production d’aliments locaux et les pratiques alimentaires traditionnelles, Tkà:nios contribue à transformer ces priorités en expériences vécues grâce à ses programmes de formation, à la conservation des semences, aux cérémonies culturelles et aux ateliers intergénérationnels.

Pour la Fondation Medavie, ce projet témoigne d’une conviction commune que la santé et le bien-être passent par des approches holistiques qui partent de la communauté. 

« L’équipe de Tkà:nios s’efforce de guérir les blessures causées par la colonisation, ce qui n’est pas une mince tâche, affirme Gillian Aitken, spécialiste de l’engagement communautaire à la Fondation Medavie. Ce fut un honneur d’observer comment, par la pratique et le partage du savoir ancestral, Tkà:nios prend soin des personnes dans leur intégralité. Je suis impressionnée de voir comment le travail de remémoration des pratiques alimentaires des Haudenosaunee insuffle une nouvelle motivation et un élan vital aux membres de la communauté. »

 

Une appartenance intergénérationnelle 

Le partage des connaissances intergénérationnelles se trouve au cœur de l’approche de Tkà:nios. Des ateliers animés par les personnes aînées assurent la transmission des enseignements traditionnels, tandis que des activités comme la plantation et la récolte, la conservation des semences et la concoction de remèdes à base de plantes indigènes inculquent des connaissances pratiques aux jeunes.

« C’est inspirant de voir les différentes générations se côtoyer dans nos jardins, dit Brooke Rice. Les jeunes apprennent non seulement à cultiver la terre, mais aussi à vivre en harmonie et à perpétuer les enseignements qui maintiennent notre culture en vie. »


Pour de nombreux membres de la communauté, ce retour aux sources a une résonnance profondément personnelle. « Tkà:nios a été un véritable lieu de guérison pour moi, confie Tekarahkwake Deom. Le centre a fait naître en moi un sentiment d’appartenance. Maintenant, je sens que j’ai ma place dans la communauté et que je peux apporter une contribution importante. »

À la rencontre des autres

Les repas communautaires, les collectes de semences et les activités d’apprentissage pratique offrent des espaces où échanger et tisser des liens. De ce fait, Tkà:nios aide à lutter contre les répercussions de l’isolement social et du traumatisme intergénérationnel tout en cultivant la résilience. 

Alors que Tkà:nios continue de concrétiser sa vision d’un centre alimentaire communautaire, le soutien de la Fondation Medavie aidera l’organisme à évoluer vers un modèle de soins intergénérationnel, en s’appuyant sur des acquis comme la construction d’un crib à maïs pour le séchage et l’entreposage du maïs récolté, la chasse à l’original et le tannage de peaux pour le rassemblement de mieux-être, ainsi que l’embauche saisonnière de deux personnes à temps partiel afin d’assurer le bon déroulement des activités.

Pour l’équipe de Tkà:nios, l’objectif ultime est la durabilité, non seulement des aliments, mais aussi des liens, de la culture et de la santé. 

« Notre espoir, c’est que nos enfants et petits-enfants aient accès à un centre alimentaire dynamique où ils pourront apprendre, tisser des liens et s’épanouir ensemble, ajoute Brooke Rice. Nous voulons créer un avenir dans lequel nous serons autonomes et pourrons prendre soin des personnes qui nous entourent. »

 

Tkà:nios est profondément ancré à Kahnawà:ke, mais son influence se fait sentir bien au-delà de la communauté. En rétablissant des systèmes alimentaires traditionnels, le projet contribue au renouveau culturel, à la gérance de l’environnement et à la vitalité de la communauté. Il nous rappelle que la nourriture n’est pas seulement une question de subsistance, mais aussi d’identité et de solidarité.